lundi 6 juin 2011
Lamento
mardi 31 août 2010
Destination

Mais moi
je t'aime de toute ma maladresse.
Mais moi,
le narcisse des petits soirs fragiles,
moi sclérosée de toutes mes douleurs,
qui parle et parle sans fond dans les plaines,
et qui ne t'entend pas,
mais moi toute de moi,
et dans le doute et les incertitudes et les fumisteries
dans la fêlure, toujours,
mais moi, prenant toute ma place, toute ta place, tous les espaces pour les remplir de bruit pour ne pas sentir la faille, moi prenant, prenant, consommant, remplissant, me remplissant, te saoulant, jusqu'au fond, précipitée, et me sentant si vide
mais moi toute de décombres,
moi de mes blessures et de mes gouffres,
toute de moi
incapable,
mais moi, je voudrais, pourtant, être l'instrument du silence dans lequel Dieu viendrait te recueillir.
Apprendre de lente patiente, apprendre à prier,
dès lors que ce que je ne pourrais jamais de moi-même accomplir,
il est bon que cela me soit donné par grâce,
comme sont données les robes de lys des champs,
et les grands cris de joie qui montent au cœur des filles.
Que je sois légère, que je sois sauvée, afin de ne plus être encombrée de moi-même,
Que cela me soit donné, oui, cela, la transparence, enfin,
pour que je t'écoute
et que je grave la Parole sur le pli de ton poignet
là où se perdent les baisers, les rêves, les morsures,
et que devines à travers tout le souffle infiniment tendre de Dieu.
Me faire porte ouverte sur tes mondes intérieurs à la ligne d'horizon de tes tempêtes
Pour toi, pour toi,
Décimer les frelons qui te piquent l'échine
Et quand vient l'heure la plus sombre, la plus inquiète,
au mitan de ta nuit, t'écorcer de chaud et de coton doux
T'entendre, t'entendre vraiment
A travers les mains généreuses du Dieu qui t'a donné à moi,
avec ton beau visage unique de lumière,
et te voir enfin,
toi,
mon frère, ma sœur.
jeudi 26 août 2010
Pour vivre
Pour vivre
Rien que la fontaine et le fruit
Aux soyeuses éphémères
Le chuchotement de ce qui est donné des arbres
Rien que les attaches du vent
Rien que le filet de l’instant
Pur entre les allées de la mort
mercredi 25 août 2010
[EP] Sur le lac
Jeter les filets solidaires et découvrir l’abondance.
Découvrir les algues bleues,
Découvrir les pleins, la satiété heureuse des imaginaires,
Les consciences repues,
Les fraternités fécondes arrimées dans les replis de nos projets les plus quotidiens.
Découvrir l’abondance, cette surprise de Dieu.
La barque avait tangué au-delà des mers de vinaigre
Nos doutes avaient gémi sous la houle et l’échine avait blanchi.
J’ai eu peur d’avoir faim.
Je me souviens encore de ces pâleurs d’angoisse
Des écorces arrachées comme des voiles gris
Et de la nudité vive du bois flotté
Je me souviens de choses dont le rivage ne se souvient pas
Et des désespérances dont Dieu ne nous a pas tenu rigueur
Mais je me souviens aussi de l’abondance
De la surabondance
De la sursurabondance
De tous ces mots nouveaux
De ces inventions vives lancées en partage aux quatre coins de l’eau
Et de ces pèches miraculeuses que nous nous sommes accordé de recevoir
Parce que nous sommes ensemble dans la barque
Et que Dieu est avec nous.
mardi 27 octobre 2009
[poésie] Violence vieilles
De la mémoire,
viennent griffer la douceur de cette ombre qu'on n'attend qu'à demi
toutes mes blessures d'enfance
Je prends recroquevillée une corde
pour pendre mes illusions à la poutre d'escampette
ou est-ce à la paille de ton oeil que je voudrais me pendre?
J'ai parfois la posture des vestales velues
et trop toujours
le même silence qui hésite au bord du cri.
.
vendredi 7 août 2009
Fragment pour une fatigue
jeudi 6 août 2009
Poésie
Mon amour,
Je suis triste ce soir
Et j'écris des mots d'amour aux chimères, pour oublier ma solitude,
Pour oublier les siècles des siècles et les yeux qui m'ont quittée,
Les ex
Les passantes
Et toi qu'entre toutes je n'ai pas méritée.
Mon amour,
Je suis triste ce soir de tous les courages que je n'ai pas eu,
Des livres que je n'ai pas écrit, de l'amour que j'ai fait si mal, si peu,
Et de tous les enfants que je n'ai pas fait rire,
Et des deuils, et des nuits, des rois trop tôt partis,
Des derniers accords de guitares,
Des écrans de fumée,
Des encens, des sacrilèges, des pertes de vue, des aveuglements,
Et des offrandes du jour que je n'ai su cueillir
Et je suis lourde de chacun des échecs dont je peux être lourde.
Mon amour,
Je suis triste de chaque minute de cauchemar,
De mes terreurs cachées sous le lit,
Et des prairies de mon enfance où tous les autres enfants ne me ressemblaient pas.
Mon amour,
Je dis mon amour et tu n'es pas mon amour,
Il ne me sera pas possible de partir
A l'heure où les corbeaux viendront me demander,
Car le jour de ma mort je me demanderai encore
Pourquoi il n'y a pas de féminin au mot "imposteur".
vendredi 31 juillet 2009
Haiku
jeudi 23 juillet 2009
Poésie
Le velours sous ta peau crisse des sables gris
Des olives noires comme l'or de tes yeux
Oh aimée des mirages
Aimée des déserts
Sillage des campements sous la pierre
Ta bouche assoiffée des oasis
Claire dans le ciel
dimanche 19 juillet 2009
Un voyage en Bretagne
Pas le temps d'écrire aujourd'hui.... je poste un texte ancien, au goût de vacances.
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Un morceau de la mer posé au coin des yeux. L'entrelacs des
Nuées, des vagues et du silence. Un sursaut de marées pour habiller les jours…
Votre Bretagne ainsi, bleue, sans cesse je l'ai rêvée.
On dit que par là-bas vivent des elfes sages; qu'il
Y a dans les bois les enfants de Merlin; que les nuits sont festives et les oiseaux volages.
A n'en plus trop savoir où vos nuages pleuvent, je suis, un instant, la petite sœur de
Guenièvre, la fille impétueuse de temps immémoriaux.
Et je marche, et je marche.
Et mes pas sont salés comme un vieux coquillage. Mes pas sont
Nus, tendres, affamés de sable et de boue.
Brocéliande, nom magique, berceuse de mes nostalgies.
Rennes vient à l'oreille, autre nom, autre mystère.
Eclats secrets d'une ville inconnue…
Tant de mots qui attendent que s'envolent vers la nuit les
Ailes des poètes, leurs plumes de maudits, et la douce morsure de leurs songes !
Grimoires oubliés, ouvrez-vous sous nos caresses, livres des
Nymphes, chantez pour nous ! Il nous reste mille choses à dire, mille découvertes, mille