Réflexions, spiritualité, coups de coeur... Poète et prophète sévissant sur Internet, le Moineau se réclame du Christianisme social et du Carrefour de Chrétiens Inclusifs, et ne demande l'autorisation de personne pour proclamer la bonne nouvelle de l'amour de Dieu révélé en Jésus Christ pour tous et toutes sans exception.

dimanche 6 décembre 2009

Une toute petite nouvelle, mais grande pour moi!

Il y a quelques temps, l'Eglise Protestante Unie de Belgique prenait une (non-) position sur la question des bénédictions à l'occasion des mariages de couples homosexuels. A savoir : chaque paroisse peut décider librement. Et est invitée à se positionner.

Dans la paroisse que je fréquente, le Consistoire a décidé de confisquer le débat pour éviter un "clash", des débats houleux et potentiellement blessants pour la communauté et pour les personnes, et une division. Et de fermer toute possibilité. Je ne raconterai pas ici toute la discussion que j'ai eue avec un des pasteurs de la paroisse, ni le malaise et la blessure que ce "non" a laissé en moi. Une partie de la blessure venait de ce que je n'avais pas voulu "militer" pour une position plus ouverte parce que je ne voulais pas vivre ma vie dans cette communauté sur un mode militant. Je me sentais donc mal prise pour ensuite venir me plaindre qu'on n'écoute pas les gens concernés, puisque je m'étais tue...

Par ailleurs, au vu des réactions franchement homophobes entendues quand le Consistoire a expliqué sa position (ouverte aux personnes et à leurs choix de vie, mais ne souhaitant pas bénir les couples parce que n'ayant pas les bases liturgiques pour le faire... Un peu n'importe quoi entre la chèvre et le chou, mais déjà trop ouvert pour ceux qui auraient voulu qu'on jette les "abominations" hors du temple sans forme de procès). Bref, il y a des gens bien dans cette paroisse, j'aime les prédications des pasteurs... Je suis restée, et j'ai continué à m'investir dans la vie de la paroisse. Il y aurait sans doute plus à dire là-dessus, mais soit. Pour résumer, en une phrase : j'ai fait comme si je n'avais pas mal.

Je ne me suis même pas renseignée sur ce qui se passait dans les autres paroisses.

Parfois, mais assez rarement, je vais au culte ailleurs. A l'Eglise du Musée, une paroisse libérale dont j'apprécie certains aspects (qualité des études bibliques, sensibilité artistique). Pendant l'Avent, ils font des cultes musicaux. J'ai donc décidé, ce dimanche, d'aller là, me disant que l'orgue et la flûte porteraient ma prière. Bien m'en a pris : la prédication, sur la généalogie de Jésus, était vraiment très vivifiante. Et rappelait combien tous et toutes ont leur place dans la lignée humaine qui rend possible la venue de Dieu parmi nous.

Mais voilà qu'à l'issue du culte on annonce que va avoir lieu la petite assemblée extraordinaire convoquée pour un vote. Une seule question soumise à ce vote. J'aperçois un bulletin de vote, et donc je reste... Car il s'agit de voter si oui, ou non, la paroisse va accepter les bénédictions d'union de couples homos.

En attendant la fin des votes, je papote avec un paroissien qui m'explique que le consistoire avait pris position "pour", avec une restriction : ne célébrer de bénédiction que si un des deux époux est membre de la paroisse. Cette position est prise après l'organisation de plusieurs soirées de réflexion et débat sur le thème. Mais, comme le règlement paroissial l'autorise, des gens ont rassemblé 20 signatures demandant que la question soit soumise aux votes des membres de l'église. D'où le vote de ce 6 décembre.

53 voix pour, 38 contre, une abstention et un vote nul.

Hé bien, ce n'est pas un ras-de-marée pour, mais ça fait du bien.

Peut-être que je vais changer de paroisse. Non que je veuille me marier un jour (encore que... laissons ouverts tous les chemins) mais parce que ... Rester dans une communauté où l'on a été blessé quand il y en a une plus ouverte à côté, c'est du masochisme... Voilà une paroisse où je peux être moi-même, entièrement, sans restriction. Une paroisse où j'ai vraiment une place. Et que ce n'est pas rien.

Peut-être que, des 39 "non", certains feront le chemin inverse vers la paroisse d'où je viens, plus conforme à leurs idées. Il me semble tout de même que, entre la paroisse qui "gagnerait" des homophobes drapés dans leurs préjugés et celle qui "gagnerait" des gens dont le seul crime est de vouloir croire que leurs amours humaines ont quelque chose à voir avec le projet d'Amour de Dieu pour l'humanité, il n'y a pas photo sur qui a la meilleure part!

:-)

mercredi 4 novembre 2009

Mes ombres

Souvent, quand je marche, c'est en ville, sur les trottoirs sales de la ville, le soir. L'éclairage public m'encercle. D'enseignes en lampadaires, de toutes parts des ombres mouvantes naissent à mes pieds. Parfois trois, quatre, les unes plus denses, les autres à peine visibles. Au gré du chemin, se chevauchant, se superposant, se dégageant les unes des autres, plusieurs ombres.

Il y a là, peut-être, quelque chose à apprendre.

mardi 3 novembre 2009

De l'écriture et des pandas...

Parmi les (très rares) blogs que je lis assidument, il y a celui de Delphine, petite pause plaisir quand je le découvre, souvent à ma pause quatre heures au boulot, le lundi (où elle parle de littérature), et le jeudi (où elle parle de sa vie).

Je pourrais me lancer dans de profondes considérations sur le thème de "deux fois par semaine à jours fixes, pour un blog, c'est un très bon rythme, tant pour l'auteur-e que pour les lecteurs et lectrices", et ça m'ammènerait à me dire que voilà, j'aurais pas du faire ma maligne avec mon grand élan des débuts, oui, oui, bien sûr, un message chaque jour.

Mais mon propos sera ailleurs, à savoir, sur les pandas. Les pandas, ce sont le côté ludique, le trait d'humour fulgurant du blog de Delphine.

Si ce n'est déjà fait, allez lire les histoires de pandas pour comprendre de quoi je parle, puis revenez ici...

Donc, je me disais tout à l'heure, "tiens, quelle bonne idée, de finir toujours sur un leitmotiv...", je pourrais reprendre l'idée (oui, copier, ça s'appelle copier), mais au lieu de faire cette sorte de pré-générique final avec les pandas, je terminerais tous mes messages sur le blog avec un petit "et l'écriture dans tout ça?". Pour m'obliger à parler d'écriture, à penser l'écriture, à me ramener toujours à l'écriture. Comme à une priorité.

Après tout, l'écriture est une vielle dame très digne qui vaut la peine que je la mentionne plus souvent, et occupe (ou DEVRAIT occuper) dans ma vie autant de place, sinon davantage, que les pandas dans celle de Delphine. Je pourrais dire l'Ecriture, avec un grand E, Pour mieux la "personnifier" en lui donnant un nom, mais cela la ferait confondre avec une autre Ecriture, les Ecritures, bref, ce serait inapproprié. Lui trouver un autre nom? L'appeler Dame Littérature pourrait avoir son charme. Sauf que je n'ai pas envie de parler de littérature, mais vraiment d'écriture, du geste, du l'acte d'écriture...

Ou alors, je pourrais symboliser l'écriture par autre chose, pas des pandas puisque les pandas ne m'appartiennent pas, mais .... autre chose. Un animal un peu plus sauvage et moins docile que le panda?

Et l'écriture, elle en dit quoi?

L'écriture, dans tout ça, ne pense pas qu'elle est un animal sauvage, mais que comme d'habitude je tourne autour de l'essentiel. L'écriture se dit que je ferais mieux d'écrire, justement, que j'ai un roman en cours qui m'attend à tricoter entre ses pattes, que je lui avais promis juré de m'y consacrer de 21 à 23 heures, et que assez déblo/g/qué pour aujourd'hui...

mardi 27 octobre 2009

[poésie] Violence vieilles

.



De la mémoire,
viennent griffer la douceur de cette ombre qu'on n'attend qu'à demi
toutes mes blessures d'enfance

Je prends recroquevillée une corde
pour pendre mes illusions à la poutre d'escampette

ou est-ce à la paille de ton oeil que je voudrais me pendre?

J'ai parfois la posture des vestales velues
et trop toujours
le même silence qui hésite au bord du cri.



.

lundi 26 octobre 2009

Rencontre avec un poète

Je n'ai pas, ou je ne prends pas, le temps de raconter les belles rencontres offertes par la vie ces derniers temps.
Dommage, car il faudrait, à tout le moins, évoquer le plaisir d'avoir croisé, au monastère de Rixensart où j'allais pour écrire (et lui pour se ressourcer, comme il le fait un jour par mois), L.N., un poète, un croyant, un homme avenant, sympathique, profond... que j'aimerais avoir la chance de gagner comme ami. Bien qu'il ne s'agisse pas de chance, mais de prendre le temps, partager, donner du temps.

En tout cas, j'étais heureuse de ce "clin d'oeil" : j'allais là pour me retirer, écrire, tenter de raviver ma "vocation", et il m'est offert de croiser celui qui pourrait le mieux m'y encourager : un poète, talentueux, qui connait le monde de la littérature belge, ses arcanes (y compris comment bien remplir un dossier de demande de bourse),... juste un peu plus agé que moi et tout à fait amical et fraternel pour me servir, quand le besoin viendrait, de "grand frère en écriture"...
(et peut-être que le besoin EST déjà là, en fait!)

J'en reparlerai sans doute plus tard. Par exemple, quand j'aurai lu ses poèmes. (Pour le moment, je n'en ai lu que 3 ou 4, trouvés sur internet,mais j'aimerais me plonger dans un recueil).

Sur le type d'humain qu'il est, le genre d'homme, une chose m'a frappée. Nous étions à table, 4 personnes qui ne se connaissent pas, et devisions agréablement. L. a évoqué, à un moment, l'intimité d'un couple, qui reste de l'ordre du secret, de l'intime, de ce que l'on tait par pudeur, et a laissé échappé un petit bout de phrase comme "Etre avec une femme, ou avec un homme d'ailleurs, mais moi ce sont les femmes..." Cela m'a énormément impressionnée : il n'arrive quasi JAMAIS qu'un homme hétérosexuel dans une conversation évoque spontanément la possibilité d'être homosexuel (en général, à tout le moins, le cas de figure est que tout le monde est présumé hétéro; les hétéros considèrent que leur orientation sexuelle est la seule, et donc, qu'il est évident qu'ils sont, comme tout le monde, hétéros...). Un hétéro, homme marié, catholique pratiquant, qui sort du lot, ça fait du bien!

Qu'il avoue dans la même phrase son goût du baroque ne fera que le rendre plus intéressant ;-)



mardi 13 octobre 2009

Une réponse un peu inattendue

C'est amusant, parfois, comme le simple fait de se mettre en mouvement dans une direction peut mettre les choses en perspective, surtout pour moi qui vit trop souvent "en terre d'apathie", pratique à outrance l'inertie, le doute, la pusillanimité et j'en passe. (En fait, en général, je suis la ligne de moindre résistance, et j'ai à cela quelques vieilles raisons, mais ceci est une autre histoire, qui nous mènerait bien trop loin aujourd'hui).

Donc, poussée par le désir assez vague d'étudier la théologie, par une intuition, sans trop savoir pourquoi ni comment, et par conséquent pas encore tout à fait décidée, je me suis inscrite, "pour voir" et me remettre dans le bain universitaire tout en introduisant des choses plus sérieuses, à un programme intitulé "introduction critique aux religions contemporaines", dont les curieux trouveront une description .

Et voici que patatra, dès le premier cours, c'était le coup de foudre, le "bon sang mais c'est bien sûr!", Archimède en sa baignoire n'aurait pu jubiler davantage. J'aime ça. J'aime ça, à un point que je ne saurais dire. Peut-être ai-je étouffé bien fort mon goût des études (on va à l'unif, on a son diplôme, et puis on trouve un métier sérieux pour gagner sa vie et ne plus dépendre de papa-maman, voilà ce qu'on fait quand on est jeune et qu'on a plein de raisons de ne pas oser vivre sa vie à soi...) Rester dans le domaine de la pensée, la recherche, ce n'était pas possible, pas pensable. Et puis, à 22 ans, j'étais heureuse de quitter les sphères académiques pour me frotter au vrai monde (de prof dans l'enseignement spécial, auprès de jeunes filles porteuses de handicaps et de difficultés, dans une région elle aussi en difficulté). Je n'aurais pas voulu m'enfermer dans une tour d'ivoire (même si les savants voyagent d'unif en unif, ils ne vont souvent que de tour d'ivoire en autre tour d'ivoire, non?)

N'empêche, j'ai des regrets, de je m'accommode de moins en moins. Alors, hier, j'ai fait un tour sur questiondieu.com, et trouvé ceci : un monsieur se demande si commencer des études de théologie pour devenir pasteur, alors qu'il a 53 ans, c'est bien raisonnable. Et on lui répond ("je ne vois pas pourquoi vous ne vous accorderiez pas ce plaisir") sur le terrain du désir qu'il a de faire ces études, sur le terrain du plaisir qu'il y prendra!

Moi qui ai souffert toute mon enfance d'être "traitée d'intello" (devais-je porter une différence difficile à porter?), puis qui ai développé dès l'adolescence des stratégies pour me camoufler dans la masse, et qui, poussant cela au paroxysme, me retrouve adulte à faire un travail qui ne demande aucun effort intellectuel et suis jalouse des autres qui ont des fonctions plus intellectuelles, de recherche, mais voilà essoufflée de découvrir que, non, vraiment je ne peux plus continuer comme ça à m'étouffer, à étouffer cette part vitale de moi qui aime tant penser.

Sur le terrain du désir.

Essoufflée, ou re-soufflée, ré insufflée de désir?

La question initiale (étudier la théologie, mais pourquoi et comment) qui me hantait tant jusqu'il y a peu est alors en voie de résolution. Sans doute que je vais faire le master, donc le comment, il faudra bien le trouver, voilà tout. Quant au pourquoi, la question ne se pose plus vraiment non plus. Je marche, je me glisse, à la rencontre d'une évidence, comme de moi-même.

lundi 5 octobre 2009

La bénédiction des ânes

"Je ne suis pas spéciste, mais..." pourrait être le titre de ce post, mais gardons celui avec les ânes, ce sera un petit clin d'oeil à mon amie M. en souvenir de certaine escapade berrichonne.


Donc, voilà que mon frère et ma belle-soeur, heureux propriétaires d'une ancienne ferme en Hainaut, ont, sur le bord de leur terrain, une chapelle, anciennement dédiée à Saint Joseph. L'idée leur est venue, il y a quelques temps, de rénover la dite chapelle, et de marquer le coup en la faisant bénir et en invitant les voisins. A vrai dire, je n'ai pas discuté avec eux de leurs motivations à refaire une chapelle (envie de s'inscrire dans des traditions villageoises, occasion de faire la fête, utilisation de la rénovation de chapelle comme "bac à sable" pour s'entraîner aux techniques bios qu'ils utilisent pour reconstruire leur maison, etc etc?). Mon frère, en tout cas, n'a été chrétien que dans son enfance (d'enfant de choeur), et ne semble pas en voie de le redevenir.

Il y a quelques semaines, j'ai donc reçu une invitation à la bénédiction de la chapelle, assortie d'une démonstration de dressage éthologique au manège voisin (oh, intéressant!) et entre les deux d'une bénédiction des animaux. Miséricorde! J'avais déjà bien du mal avec le concept de bénédiction de chapelle, mais, alors les ANIMAUX!! La promptitude de l'église catholique à considérer qu'on peut bénir à peut près n'importe quoi, du chien à la voiture en passant par le bateau, la crosse de hockey et le cheval de course, assortie de son obstination à ne surtout pas bénir les humaines amours de mes amis homos me donnant de véritables ulcères, j'ai envisagé un moment de ne pas aller à la petite fête. Mais bon, y aller, ce n'était pas non plus comme écrire en grand que j'approuvais la cérémonie, que je trouvais exaltant que la statue de Saint Joseph retrouve une maison au bord du chemin, et que Benoit XVI était vraiment un chic type! D'ailleurs, j'avais envie de voir la famille. Et puis surtout, j'étais curieuse : à quoi ça ressemble, un truc aussi débile qu'une bénédiction d'animaux?

J'ai commencé à me triturer les neurones. Bon, on bénit des bestioles. Est-ce que je trouvais ça débile? Et pourquoi? Quel sens ça peut avoir? Bref, j'ai saisi l'occasion pour me poser des questions sur le rapport entre les humains et les animaux, et Dieu dans tout ça. Tellement de questions et de pistes explorées, que si je commence à tout détailler, ça va faire un article de 15 pages.

En gros, cela naviguait entre mes sympathies profondes pour François d'Assise (dont c'était justement la fête ce dimanche), et de profondes considérations sur la notion de "spécisme"... Je me sens plutôt "spéciste" : les humains avant les bêtes, et loin de moi les militants de Gaia. Mais quand même, Dieu a créé la nature entière, les humains cassent toute la planète, tuer les bébés phoques pour leur fourrure c'est plus que moyen, ... et puis, il ne faut pas oublier Lisa!

Lisa, c'est la chatte de B&M, une charmante bestiole très aimée de ses humaines, lesquelles avaient tenu à ce qu'on ne l'oublie pas dans la bénédiction de leur PACS. Et quand Jean-Michel, prieur de Béthanie, vous parle de Lisa, vous vous prenez à aimer les bêtes comme c'est pas permis. (On notera en passant que Jean-Michel me fait un effet tout à fait surprenant, et que s'il était gourou je risquerais probablement de rejoindre sa secte voire de perdre l'esprit au point de léguer toute ma fortune à Gaia).

Donc, revenons-en à dimanche passé, chez Frère Chéri et Sa Madame. Buffet végétarien, bénédiction de chapelle, puis tout le monde (soit une dizaine de gens frigorifiés par le premier jour de vrai froid: famille, amis du manège, ainsi que 3 propriétaires de chiens divers à bénir, et 4 bigots du village tout contents de chanter des hymnes à côté du curé) se met en route vers le manège pour la suite des opérations. L'assistance et le décor (c'est triste, le Hainaut, sous le ciel gris de l'automne et dans les rafales de vent qui soulèvent la robe de Monsieur le Curé) : tout a des airs d'épisode de Strip Tease.




Nous arrivons aux ânes (première étape avant d'aller bénir les chevaux et les poules) que le curé regarde les ânes d'un air inquiet (comment je dois bénir ces machins-là, moi?). Il sort son grimoire rouge, est tout rassuré de trouver le chapitre "animaux domestiques" et lit le texte de la bénédiction. Et là, grosse consternation: le texte rappelle à qui veut l'entendre que oui, oui, Dieu a créé l'homme comme maître des animaux, qu'il peut l'exploiter, et .... s'en nourrir. Devant un parterre de végétariens, ça jette un froid.
Mais bon, nous avons été très très sages : personne n'a fait d'esclandre.

Rentrée chez moi, j'ai vérifié. Le Catéchisme de l'Église Catholique est formel : on a le droit de manger de la viande, et on veut absolument poser ce non-interdit bien en grand dans le règlement. On en profite pour justifier les recherches sur les animaux (bon, ok, je suis spéciste, donc très favorable à l'essai des médicaments sur les rats et les singes, mais quand même... de là à le justifier en disant que même Dieu l'a voulu parce qu'il a créé l'homme à son image et pas le singe, au secours!)

Et bien, finalement, je ne suis peut-être pas encore végétarienne, mais je me sens franchement moins spéciste que les catholiques. D'ailleurs, j'ai réfléchi : ce n'est pas parce qu'on veut le bien des animaux que l'on veut du mal aux humains. Un peu comme être féministe n'est pas contre les hommes, aimer les animaux, ce n'est pas contre les humains, et vive François d'Assise!

Pour ceux et celles qui veulent aller plus loin, je n'ai pas trouvé le texte de la bénédiction, mais celui du catéchisme (et une critique par des amis des animaux) ici:

Et aussi, en le cherchant, je suis tombée sur un site de curés et autres cathos végétaliens.
http://www.animal-respect-catholique.org/index.htm Il faudra que j'envoie à ma Belle-Soeur, .... pour la prochaine fois!

(Cela dit, je ne sais même pas si François d'Assise était végétarien, preuve que je ne sais absolument pas de quoi je parle, et que vous feriez mieux de lire des choses sérieuses et documentées, plutôt que ce blog).




dimanche 4 octobre 2009

[EP] J'ai dit oui

L'Evangile en poésie, Luc 1,26-38

Aujourd'hui, ma joie!

Ma joie est venue avec les ailes de la jeunesse
Battre les mots de Dieu à mon oreille
Promesse étrange

On m'avait dit que je n'étais rien
Que la fille d'un père, la fiancée du fiancé
On m'avait dit que je n'étais rien sans homme
Que sans homme je ne pouvais rien créer
Que sans homme je ne marcherais pas sur les chemins de l'allégresse
On m'avait dit que je n'étais rien, moi femme de Galilée, sans homme
Sans le regard d'un homme
Sans la permission d'un homme.

On m'avait dit que ce que disent les femmes n'a pas d'importance.

Mais je ne désirais pas tant le regard des hommes
Que de porter en moi ma part d'allégresse
Et devant moi ma part de parole.

Aujourd'hui, ma joie!

Dieu m'a regardée
Dieu a déposé sa promesse à mes pieds
Dieu a murmuré mon nom
A mon oreille Il a déposé un prénom d'enfant
Promesse pour les nations
Promesse de Liberté
Souffle.

J'ai ramassé la promesse entre mes doigts de femme
J'ai dit "Oui, que Ta volonté soit faite"
On m'avait dit que je n'étais rien
Sans la permission d'un homme

Mais je n'ai demandé la permission ni à mon père ni à mon fiancé
J'ai dit oui librement, debout

Libre comme Dieu me voulait
J'ai décidé seule.

Aujourd'hui, ma joie!

J'ai dit oui sans demander la permission de personne.


lundi 21 septembre 2009

Des envies de retourner sur les bancs de l'école...

ça me taraude, cette envie de retourner sur les bancs de l'unif faire travailler mes petits neurones (frustrés, semble-t-il, que je les sous-emploie dans le secrétariat).

Aujourd'hui soir, en cherchant sur le net, je trouve un cursus à distance en théologie, organisé par l'Université de Genève, que je n'avais pas encore repéré, et qui me met l'eau à la bouche.

Pour peu, je posterais sur mon profil facebook le message légèrement hypomaniaque que cela m'inspire, mais je me retiens à temps. Pas besoin de dire ça aux 400 "amis" de l'autre côté. Les vrais amis d'ici, peut-être seront plus.... adéquats.

Voilà. Demain, promis, je reviens pour de vrai, je commence à vous raconter mes vacances, et la journée sans voitures, et surtout, surtout, le PACS de B&M, la belle célébration de samedi, les gestes de bénédiction.

A bientôt, amis chers à mon coeur!

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Le message que vous ne lirez pas sur facebook :
Bon, gardons la tête froide. Je vais étudier tout ce qu'ils ont mis en "démo", ça calmera peut-être mes ardeurs. Puis vérifier si je peux valider les cours que j'ai eu en philo et ceux que je vais prendre à Saint Louis cette année, et si je peux dans 4 ans valider les cours à distance dans n'importe quelle fac (Strasbourg, Paris, Montepellier, Bruxelles).
Puis me répéter tous les matins 100 fois "ma vocation, c'est d'être écrivain".
Et lire la Bible, en entier, enfin.
Bon, après mais seulement après tout ça, si j'ai encore plus envie de m'inscrire, il sera temps d'aviser.

__________________

Les cours que je vais vraiment prendre cette année, le temps de murir un peu :

jeudi 17 septembre 2009

J'ai du mal...

à m'y remettre.

:-(

Mais bon, c'est sans doute l'affaire d'encore un jour ou deux?

lundi 24 août 2009

Vacances

Pour les curieux et curieuses que ça intéresserait voici mon itinéraire de vacances.
Plein de beaux moments en vue.

Itinéraire Voyage USA / Canada de *Paule* et A.

Ma 25/08

Vol Delta Airlines (DL 141) BXL 11h30 à NY 13h55

Logement : un motel quelque part en route vers les chutes du Niagara

Me 26/08

Visite des chutes et route vers Toronto

Logement : www.indexgbb.com (le B&B est dans une galerie d’art !)

Je 27/08

Toronto

Ve 28/08

Route et mise au vert dans la région de 1000 islands

Logement : The Calico Cat B&B www.bbcanada.com/350.html

(on y déjeune les pieds dans l’eau !)

Sa 29, Di 30 & Lu 31/08

Montréal

Logement : www.ydesfemmesmtl.org

Ma 01 & Me 02/09

Québec


Je 03 & Ve 04/09

Mise au vert entre le rivage et un plat débordant de homards dans l’Acadia National Park

Logement : Bay Meadow Cottage www.baymeadowcottages.com

Sa 05/09

Freeport


Di 06/09

Boston

Lu 07 au Ve 11/09

New York

Logement : Eastgate Tower Suite Hotel 222 E 39th St New York 10016

Ve 11/09

Retour (arrivée le 12)

jeudi 20 août 2009

A rebours

Nous voilà déjà le 20 août, et presque une semaine que ce blog supposé être alimenté quotidiennement se trouve en pause. J'ai de bonnes excuses, si, si...
Notamment les vacances qui s'approchent, le grand voyage à finir de préparer (départ mardi).

Et me vient une tentation : si je postais des messages en les antédatant? Un pour hier, un pour avant-hier, un pour avant encore, à reculons?

En quoi serait-ce tellement différent du fait d'en poster à l'avance, ce qui, sommes toutes, se pratique assez souvent?

:-D

Bon, allez, je résiste à la tentation, je passerai par ici si j'en ai le temps, et sinon, on se retrouve dans un petit mois.

jeudi 13 août 2009

[Blogs] Blue game...

A peine suis-je entrée dans l'étrange univers des blogs que mon amie Dame Tana m'invite à un petit jeu. Hum, ... et il faut vraiment inviter sept personnes à jouer? Mais je n'aime pas ça, moi, c'est une CHAINE, quelle horreur! Et puis, je n'ai pas sept amies bloggeuses, qu'est-ce qu'elle s'imagine, Tana? (Je dis amies parce que c'est un truc de filles, ce jeu, non?)
Bon, jouons toujours et puis on verra.

Le jeu : tag in blue

J'ai été taguée par Tanaquil


En voici les règles:

Insérer cette image dans l'article



et trouver sept objets bleus dans la maison

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Sept objets bleus, donc, comme...
un jouet

des bonbons en verre, souvenir de Venise offert par mes parents


un badge féministe pro-choice accroché à mon sac à dos bleu


sur le balcon, un broc ramené de Crète


dans le salon, devant une étagère de livres, une chaise bleue et son coussin


bien entendu, j'ai même des livres bleus!


et enfin, l'appareil qui a pris les sept photos bleues.

Et maintenant à mon tour de tagger 7 blogueuses
, je crois que je n'ai même pas encore sept amies blogueuses, ou à peine. Je vais les ennuyer toutes avec ça, alors...
Quand même, ça me ferait plaisir de voir les photos bleues de:
Chrichrine,
Delphine, Hopie, Charline, la dame aux petites pierres, et Malicieuse Kiki.

(et sur ce, petite pause de quelques jours dans le blog pour cause de week end à la campgne)



mercredi 12 août 2009

Photo de famille :un site extrêmement émouvant

Je ne vais pas vous faire de grands discours là-dessus, ce serait tout à fait vain.

Il s'agit d'un site web qu'un photographe consacre à son père, qui a 98 ans et depuis des années n'a plus de mémoire immédiate.

C'est... Oui, je ne voit pas d'autre mot que "terriblement émouvant". Enfin, allez voir, vous serez...

Allez voir.

mardi 11 août 2009

[EP] L'Evangile en poésie, Luc 7, 36-50

Après le conseil de science fiction d'hier, une nouvelle série qui commence sur ce blog : "L'Evangile en poésie".
Oui, oui, ce blog, c'est un peu de tout. Trop disparate, peut-être? Mais j'aime mon disparatisme.
Allez, je vous laisse avec une prostituée, un repas, et du parfum.
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A tes pieds, Seigneur, dit la femme,
Répandant l'huile, les parfums, les larmes,
À tes pieds,
Pour oublier la honte qui me tient dans ses griffes

Moi, la trop gourmande,
Aux lèvres trop peintes,
Moi l'absente et la présente, l'indiscrète,
Moi dont la cuisse se courbe et se plie
à la volonté des hommes et des femmes,
soudain raide et incertaine,
à tes pieds, Seigneur.

Tu sais que je connais des péchés capiteux
Que j'ai baisé mille fois
Que j'ai donné aux reines et aux rois des orgies de feu fou
Des ivresses solitaires et des nuits sans issues.

Et tu sais combien quand je voudrais être autre
C'est l'amertume qui me consume,
Et l'envie, morsure sans cesse,
Devant la probité des femmes que tu aimes.

A tes pieds, Seigneur, pleure la femme,
Dans une suite étouffée de mots confus,
Murmurante, ses cheveux contre la cheville du Maître,
Buvant la honte entre ses sanglots.

Et Il dit : laisse l'envie se retirer de toi
Comme un manteau inutile,
Laisse le parfum chanter dans ton cœur,
Tes péchés sont pardonnés.

dimanche 9 août 2009

[O] Ne le contristez pas

Dans les lectures du jour proposées aux catholiques, il y a ce très beau texte de Paul.


Ephésiens 4,30-32.5,1-2.
Frères, en vue du jour de votre délivrance, vous avez reçu en vous la marque du Saint Esprit de Dieu : ne le contristez pas.
Faites disparaître de votre vie tout ce qui est amertume, emportement, colère, éclats de voix ou insultes, ainsi que toute espèce de méchanceté.
Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.
Oui, cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés.
Vivez dans l'amour, comme le Christ nous a aimés et s'est livré pour nous en offrant à Dieu le sacrifice qui pouvait lui plaire.

Ne pas contrister l'Esprit de Joie. Ne pas enfermer dans nos limites, nos regrets ou nos remords, nos petitesses.

Se laisser traverser par le souffle, par ce qui porte, c'est aussi faire disparaitre de nos vies tout ce qui peut faire barrage.

On s'attendrait, peut-être, à ce que l'apôtre nous dise que pour s'aimer les uns les autres, il faut être "gentil", et le texte en effet recommande ces vertus chrétiennes que nous connaissons : soyons charitables les uns envers les autres. "Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ." Mais cette recommandation, suite logique de celle qui vise à l'élimination de "toute espèce de méchanceté", n'est pas la première des choses à faire.

La priorité, ce qui vient d'abord dans ce texte, l'essentiel, c'est de ne pas contrister. Etre dans la joie. Et pour cela, éliminez toute amertume.

Ce qui nous tient éloigné du prochain, de Dieu, ce qui nous enchaîne dans le péché, ce serait donc, d'abord, l'amertume?

Oui, si nous y réfléchissons, oui, c'est peut-être bien, en effet, la première urgence : ne pas être amer. Déposer l'amertume, l'ôter de soi comme un vieux pull qui gratte, pour mieux, ensuite, apprendre, réapprendre, répandre de la douceur.

samedi 8 août 2009

Je n'y arrive pas...

Non, décidémment, ni la compassion, ni l'écoute de l'autre ne sont mon fort.

Pourtant, je n'ai pas si mauvaise réputation. Il y a même des gens qui semblent apprécier ma compagnie.

Mais quand j'entends la parabole du Bon Samaritain, je sais une chose : je ne me serais pas arrêtée.

Non, je ne me serais pas arrêtée.


(Voilà un constat dont je ne sais trop que faire, pour le moment, mais,... constatons, déjà.)

vendredi 7 août 2009

Fragment pour une fatigue


Le soir d'un jour trop chaud, je marche dans les pesanteurs. J'ai l'épuisement au bord des yeux, comme une odeur de sel, et je voudrais suspendre le temps pour que ne s'y glissent pas les ombres redoutables...
Mais, encore, dans l'encombrement des mots, je tairai.



jeudi 6 août 2009

Poésie

(texte écrit en novembre 2008)

Mon amour,
Je suis triste ce soir
Et j'écris des mots d'amour aux chimères, pour oublier ma solitude,
Pour oublier les siècles des siècles et les yeux qui m'ont quittée,
Les ex
Les passantes
Et toi qu'entre toutes je n'ai pas méritée.


Mon amour,
Je suis triste ce soir de tous les courages que je n'ai pas eu,
Des livres que je n'ai pas écrit, de l'amour que j'ai fait si mal, si peu,
Et de tous les enfants que je n'ai pas fait rire,
Et des deuils, et des nuits, des rois trop tôt partis,
Des derniers accords de guitares,
Des écrans de fumée,
Des encens, des sacrilèges, des pertes de vue, des aveuglements,
Et des offrandes du jour que je n'ai su cueillir
Et je suis lourde de chacun des échecs dont je peux être lourde.

Mon amour,
Je suis triste de chaque minute de cauchemar,
De mes terreurs cachées sous le lit,
Et des prairies de mon enfance où tous les autres enfants ne me ressemblaient pas.

Mon amour,
Je dis mon amour et tu n'es pas mon amour,
Il ne me sera pas possible de partir
A l'heure où les corbeaux viendront me demander,
Car le jour de ma mort je me demanderai encore
Pourquoi il n'y a pas de féminin au mot "imposteur".

mercredi 5 août 2009

[Blogs] Gay Kosmopol

L'invité du jour, c'est Luclebelge, auteur très prolifique du blog Gay Kosmopol.
Et je dois dire qu'il m'impressionne, le monsieur, au point que je consacre mon article du jour à un seul conseil : allez lire son blog. Vous y trouverez une mine d'infos sur la situation des personnes LGBT dans le monde, en Europe, et en Belgique. Depuis juillet 2007, son site propose de la veille médiatique de qualité, des commentaires, des analyses... Et notamment, une info sur les célébrations de mariages par les quakers anglais (il va falloir que je lui envoie le peu d'infos que j'ai sur les quakers français!)...

J'adore! Je m'en vais tout lire (ça va prendre un .... temps certain), et en attendant, je vous laisse avec une de ses découvertes, la bande annonce de la gay pride de Stockholm.

mardi 4 août 2009

God says yes to me

Aujourd'hui, j'ai juste envie de vous partager un de mes textes préférés.

God Says Yes To Me

Auteur : Kaylin Haught

I asked God if it was okay to be melodramatic
and she said yes
I asked her if it was okay to be short
and she said it sure is
I asked her if I could wear nail polish
or not wear nail polish
and she said honey
she calls me that sometimes
she said you can do just exactly
what you want to
Thanks God I said
And is it even okay if I don't paragraph
my letters
Sweetcakes God said
who knows where she picked that up
what I'm telling you is
Yes Yes Yes





lundi 3 août 2009

In memoriam Liz Trobishi & Nir Katz


tel-aviv-opfer-5-

A la mémoire de Nir Katz, 26 ans, et de Liz Trobishi, 17 ans.



Dans la nuit du 2 août, un homme armé, cagoulé de noir, a fait irruption dans un centre gay et lesbien de Tel Aviv qui accueillait principalement des jeunes. Il a ouvert le feu, fait plusieurs blessés, et 2 victimes.

Un grand nombre de commentaires qu'on trouve de cette info sur les sites webs d'actu sont pénibles à lire. Certains y vont de leur petit couplet sur ce que les israéliens font aux palestiniens ou d'autres remarques qui relèvent d'un antisémitisme assez primaire. Beaucoup font tout pour minimiser, voire nier, le caractère intrinsèquement homophobe de l'attaque, qui est pourtant évident.

En attendant, deux jeunes gens sont morts, assassinés parce qu'ils étaient homosexuels. Puissent-ils reposer en paix.

dimanche 2 août 2009

La dentisterie est un acte politique

J'avais 4 entrées gratuites pour aller aujourd'hui à Esperanzah! un très agréable festival de musique du monde, festif et bon enfant, et me réjouissait d'y aller en bonne compagnie, avec I. et M., deux de mes amies qui ne se connaissent pas, d'y retrouver ma collègue D., et, avec un peu de chance, d'y croiser A., bénévole chez Oxfam, que j'ai rencontrée à la CCL, et que j'aimerais bien revoir.

J'étais curieuse aussi de voir Abd Al Malik (le voir sur myspace) sur scène. Je ne le connais guère, mais la première fois que j'ai entendu "C'est du lourd", j'étais soufflée!

Mais la pluie, une grosse journée de pluie intensive, a quelque peu chahuté ce programme. I. n'est pas venue, moi-même je suis partie tard, et j'ai retrouvé M., avec sa fille, plus tard que prévu et plus courtement : nous avons essuyé un fameux déluge. J'ai donc repris le train de Namur, contente d'avoir été jusque là, d'avoir goûté l'ambiance, d'avoir passé un petit moment avec M. Bien entendu, une fois à bruxelles, le ciel était dégagé. mais tant pis, j'étais fatiguée, je n'avais pas trop le courage de rester. Abd Al Malik ce sera (peut-être) pour une autre fois.

Je suis amusée de mon voyage aller, de Bruxelles à Floreffe, décidé à l'improviste : j'ai co-voituré avec un inconnu (mari d'une amie d'amie d'ami....) à qui j'avais donné (via une petite annonce sur internet) un de mes tickets d'entrée. Un homme charmant, plein d'idées, observateur de la société, et aimant partager ses vues. Bref, un bavard, mais un fort agréable bavard.

Sa vision du monde était amusante à écouter. Sa vision des artistes m'a donné envie de me replonger dans une réflexion sur ce que sont, pour moi, les artistes. Il y a quelque chose qui me gène dans la vision romantique qu'il défendait (un artiste est quelqu'un qui ne peut pas s'empêcher de s'exprimer). Je l'ai trouvé bien plus intéressant sur son propre terrain : il est dentiste, avec une vision très holistique. L'être humain pris dans sa globalité... Si on a des caries, peut-être est-ce parce qu'on n'est pas bien dans sa vie et dans ses relations avec les autres.
Ou encore, avant la réflexion sur la place des artistes dans la société (et après des considérations sur la place des petits voleurs de sacs dans la société!), une réflexion sur la place des dentistes dans la société. Il y a assez de dentistes pour répondre à la demande en soins de la population, mais pas assez pour répondre aux besoins. Il y aurait tout un travail à faire pour que les gens soignent mieux leurs dents, se soignent mieux en général.

"La dentisterie est un acte politique", dit-il. Et moi qui avait peur de m'ennuyer une heure en voiture avec un inconnu, je découvre les charmes d'une conversation inattendue qui est à mille lieues de m'ennuyer!


Esperanzah 2009, affichage sur le statut des artistes


samedi 1 août 2009

Une agréable journée chez les ch'tis


Hier, bien belle journée à Lille avec A. Promenade, shopping, nez en l'air pour admirer cette bien belle ville. Nous avons passé aussi de bons moments avec J. et T.

Et j'en ai ramené de fort plaisantes photos, que je ne peux pas toutes partager ici... Nous nous contenterons donc de cette image d'une "cartouche" intérieure d'une des quatre entrées de la vieille bourse.

Et pour en savoir plus sur la Vieille Bourse de Lille, Wikipedia est votre ami: http://fr.wikipedia.org/wiki/Vieille_Bourse



Les invitéEs du mois d'août

Chaque jour, une invitation à lire ce blog est envoyée à une ou un nouvel invité. Comme ça, au hasard, sans aucun ordre (de grâce n'y cherchez ni préférences ni préséances!).
En août, il y aura juste une pause pendant mes vacances (à partir du 24 août)

Voici la liste des invitées du blog en août 2009, par jour, avec leurs blogs, si ils/elles en ont.

1. Ch., un amoureux des mots. Qui le lui rendent bien.
2. Un autre Ch., amoureux des mots, artiste, peintre et... dentiste. (Mais ce n'est pas de lui qu'il est question dans l'article du jour).
3. et 4. J.-P. et Th. , 2 amis suisses, et avec eux un clin d'oeil au blog suisse gay qui fête son anniversaire (7 ans déjà) : http://swissroll.info/?2009/08/03/1180-7e-annee.
5. Luclebelge, dont le blog vaut plus que le détour: http://luclebelge.skynetblogs.be/
6. Bienvenue à D., une des complices du terrible "club anti-procrastination".
7. Euh... C'est compliqué, en fait, de trouver un invité par jour. Alors, euh, voyons voir,... Bah, disons A.-L.? J'ai toujours apprécié qu'elle ne soit pas "croyantophobe" et qu'elle soit même assez friendly. Le vrai respect d'autrui.
8. Allez, zou, on va inviter P... pour le plaisir de l'avoir retrouvée sur internet, après toutes ces années.
9. Aujourd'hui, G., une gentille catho ( hum, ça va lui plaire d'être décrite ainsi?), mais aussi artiste et amoureuse des beaux papiers...
10. A. ne va jamais le croire, quand je lui dirai que j'ai posté un truc ici tous les jours, sans procrastiner!
11. Th.
12. Pivoine, une artiste sensible (bon, ok, dit comme ça, ça fait un pléonasme). Elle a un blog, bien plaisant à découvrir, mais qui n'est plus mis à jour depuis belle lurette. Sans doute parce qu'elle est trop occupée à vivre, et c'est tant mieux. http://pivoineblanche7.canalblog.com/
13. Malicieuse Kiki bloggue là : http://malicieusekiki.skynetblogs.be depuis longtemps, une vraie cathopionnière. Et si parfois je la taquine, en toute amitié, je pense que... hé hé, c'est pour son bien! ;-)

vendredi 31 juillet 2009

Haiku


J'ai des banquets véloces adossés aux fenaisons
où les pouillots picorent l'été.
Les tables dressées tiendront aumône au vent.


jeudi 30 juillet 2009

[Histoire] Le pasteur Doucé

à la Marche des Fiertés parisienne, fin juin, avec le CCI (Carrefour de chrétiens inclusifs), nous avions de fort jolies pancartes, fabriquées avec amour par Stéphane et Hope.

Je me suis donc retrouvée an train de brandir une affiche commémorant/dénonçant l'assassinat du pasteur Doucé. Et j'ai du, penaude, aller avouer mon ignorance à Stéphane, qui m'a fait un briefing express (merci Stéphane!)

Le briefing express était comme ça, plus ou moins (et avec la sono d'un char dans les oreilles, donc nous avons une bonne excuse) : "pasteur homo qui célébrait des bénédictions de couples gays , fondateur du CCL (à ne pas confondre avec la CCL belge, Communauté du Christ Libérateur), a été assassiné et on n'a jamais su par qui". Le topo rapide sur Doucé. J'ai promené ma pancarte avec coeur (j'ai aussi tenu la jolie banderole qui disait "Dieu dit du bien de toi", et d'ailleurs j'aurais bien envie de vous faire un récit de cette Pride, mais ce serait quand même un peu réchauffé).

Je n'avais jamais entendu parler du pasteur Doucé, ni mort, ni vivant. En 1990 (son assassinat), j'étais aux Etats-Unis, et je découvrais la communauté LGBT : première Gay Pride, première soirée lesbiennes, premières librairies gays et lesbiennes...

Et puis, je n'y pensais plus, au pasteur Doucé, jusqu'au moment où, faisant des recherches en bibliothèque, je suis tombée, dans de vieux Lesbia Magazines, sur les annonces du Pasteur Doucé.




Ma culture était bien lacunaire, tout de même de ne rien savoir de ce Pasteur qui célébrait des "bénédiction d'amour et d'amitié". J'ai eu envie d'en savoir plus
J'ai fait un peu de recherches. Wikipedia, et des sites d'actus et d'archives.

J'ai donc appris que le Pasteur Doucé était belge (mais naturalisé français ensuite), et militant homo, pour une église ouverte aux homosexuels, fondateur du Centre du Christ Libérateur (CCL) à Paris, espace d'accueil et de parole pour les minorités sexuelles : homosexuel-le-s, transsexuels, mais aussi sado-maso et pédophiles... Ce qui l'a semble-t-il amené à être proche de gens pas très nets. Selon son compagnon, il était surveillé par les Renseignements Généraux. Un jour, le 19 juillet 1990, deux hommes avec une carte de police viennent le chercher chez lui pour lui poser des questions. Il les suit. On ne le reverra plus jamais. On retrouvera son cadavre dans la forêt de Rambouillet en octobre. Et on ne saura jamais par qui et pourquoi il a été tué.


Sources : Lesbia, wikipedia

mercredi 29 juillet 2009

Un clin d'oeil aux copines

Samedi après-midi, alors que je me promenais rue des Chartreux, j'ai eu le plaisir de tomber sur les restes d'un affichage sauvage anarcho-féministe.
ça faisait vraiment du bien de voir ainsi l'espace public envahi par des slogans invitant les femmes à se libérer des tyranies patriarcales. Merci merci merci aux copines qui ont fait ça!


(Pour voir les photos en grand , cliquez dessus. Mon affiche préférée, c'est la dernière)







mardi 28 juillet 2009

Ce tremblement de taire... [2/3]

Voici le deuxième épisode du feuilleton entamé la semaine dernière.

Résumé du premier épisode : Paule, l'héroïne, qui pourrait aussi s'appeler Saule, mais ceci est une autre histoire, participe pour la deuxième fois à une retraite de chrétiens LGBT&friendly, écoute des enseignements bouleversants, rencontre des gens tout chouettes, et en revient un peu transformée, oui, mais jusqu'où et jusque quand?

***

C'est difficile, de dire un appel. Oh, d'autres y parviennent, sans doute, mais moi, j'ai un peu de mal. C'est que j'ai de l'esprit critique à foison, que j'aime ce qui est rationnel, ne serait-ce qu'un peu, et que dire "J'entends Jésus qui m'appelle", ou "Je veux suivre Jésus", dans ces conditions... Encore que, bon, quand on est, par exemple, un pêcheur de Gallilée les deux pieds sur terre (ou bien dans sa barque), ce n'est pas nécessairement plus facile.

Que dire, et comment dire? Peut-être, seulement rendre compte de quleues éléments de ce que je me balbutie à moi-même, un peu confusément, dans le secret de mon âme, en ce mois de juin 2009...

Que l'amour que Dieu nous porte est immense, d'une confondante immensité. Mais que nous ne recevons en général cette immensité que portée par des intermédiaires humains.

Quelques moments forts de la retraite :
  • Pendant l'enseignement de Jean-Michel, à travers Jean-Michel, c'est bien une grosse louche d'amour de Dieu qu'on se prend en pleine poire (et qu'on ne se prendrait pas, si on n'était pas là, et si Jean-Michel ne faisait pas l'intermédiaire).
  • Le temps de méditation à la fin de cet enseignement. Couchée dans l'herbe, face contre ciel, recevant le soleil et le vent.
  • Un Notre Père chanté, à quelques uns (nous étions sept ou huit, en cercle) suivant l'invitation de T., autour du feu de camp, au coeur de la nuit. Moment d'une rare et indicible grandeur.
Des moments ludiques aussi, bien sûr, des moments de partage libérateur... Mais les moments forts sont ceux qui laissent ce sillon sur mon coeur, où je ne sais trop bien que semer.

Alors, le souvenir de la tentation (oui, je l'ai toujours vécu comme une "tentation", et ce n'est pas anodin), d'entrer dans les ordres. Récurrente dans ma vie, même si les phases d'athéisme sont récurrents aussi.

La "tentation", voisine, et plus récente, d'étudier la théologie, peut -être avec une visée de profession pastorale ensuite. (Hum, faire métier de prédications).

Un désir fort de simplicité volontaire, de pauvreté, de cesser de gaspiller, détruire, surconsommer, épuiser la planète et les frères et soeurs humains du Sud (surtout) ou d'ici (aussi) qui paient le prix fort des privilèges que j'ai tant de mal à contester au quotidien.

Un désir de juste être une courroie de transmission du message évangélique. Pour que les autres aussi reçoivent sur le visage, le corps, partout, le grand vent libérateur de Dieu.

Et je pense à cette collègue qui me disait "Tu dois être plus assertive", à ces magazines qui nous disent "Tu dois te réaliser", à la société du développement personnel. Ce n'est pas si mal, le développement persopnnel. mais pour quoi, pour quoi? Ne faut-il pas retourner tout cela, entrer dans un chemin de détachement, de transparence, justement ne pas s'affirmer, mais se faire vide pour que résonne mieux, à travers soi, le message du Christ, ce tout autre message qui nous dépasse et en nous dépassant fait que nous nous dépassons nous-même? Ne faut-il pas radicalement changer de regard, littéralement "se convertir"?

Je voudrais un chemin spirituel qui me permette d'allier mes convictions féministes (pas question de laisser tomber la juste cause de l'empowerment des femmes, à commencer par le mien) et la consicente reddition à un pouvoir tendre et tout autre.

Je voudrais n'être plus que corps permettant à l'amour du Christ de s'incarner, encore et toujours, sur terre, aux côtés de l'humanité. Que mon regard sur autrui devienne le regard d'amour, d'écoute, de compassion du Christ sur les humains. Qu'à travers moi, les autres puissent se sentir aimés de Dieu. Mais ça veut dire quoi? Sans doute pas s'asseoir auprès des plus pauvres et leur faire des sourires niais, sans doute pas me tenir nuit et jour aux côtés des SDF ou des sans-papiers, porter l'amour aux parias? Ou bien si? Mais je n'ai pas du tout du tout envie de faire ça! Je ne suis pas capable. D'ailleurs, à bien y réfléchir, je ne suis pas capable non plus d'écouter mes amis, je parle tout le temps. Je ne porte ni la parole du Christ ni rien du tout, seulement un flot de bavardage. ça ne va pas, mais alors là, pas du tout!!!

Je voudrais changer de vie, je change de vie, dans cette direction. Le problème est juste que je ne sais pas très bien, qui, quoi, comment, à quoi je suis appelée exactement.
Quelque chose de fort, de radical, de totalitaire? Quelque chose comme ce qui a fait se lever des générations d'apôtres, fondateur-trice-s d'ordres, prédicateur-trice-s dans les villes et les déserts... Quoi?

Etudier la théologie, ce serait encore se plonger dans les livres, solliciter l'intellect... Est-ce la bonne voie? Je ne sais pas... M'engager un an , le temps de réfléchir, comme bénévole dans une communauté (pourquoi pas Agape, qui cherche des permanents? ... Mais n'ai-je pas passé l'âge? Et est-ce que cela convient, colle avec ma personnalité? Je ne sais pas... D'autres pistes? Lesquelles? Il faut sans doute attendre et laisser Dieu me donner quelques indices supplémentaires. Peut-être faire une retraite quelque part? Je pense au monastère protestant de Grandchamp, mais nous voilà fin juin et j'ai dix jours de vacances avec d'autres projets. Je me dis que ces dix-jours-là vont m'aider à réfléchir.

[à suivre...]

lundi 27 juillet 2009

Un couple qui dansait...

J'ai passé un excellent week-end, dont j'ai ramené quelques photos qui me plaisent, et une image qui me touche énormément

Samedi un peu de rangement et d'écriture, un verre en terrasse au soleil dans le centre-ville avec mon amie D., quelques courses à l'épicerie bio et dans des librairies (on ne se refait pas), et pour terminer la journée en beauté, une part de Scrabble avec L. qui dormait chez moi (comme plusieurs autres week-end de l'été, parce qu'elle a besoin d'un pied-à-terre pour un boulot saisonnier).

Dimanche, je me suis longuement baladée en ville avec D., une jeune amie française. Un vrai plaisir de flâner sous le soleil, dans les rues pleine de monde joyeux, de manger en terrasse, et de filer l'après-midi voir la fausse plage qu'on a installée au bord du canal. Enfants qui jouent dans le sable, bars à cocktails, espaces pour le sport (beach volley), la musique et la danse. Un monde fou, de tous âges, toutes couleurs, tous calibres, très très diversifié, s'amusait là : en trois pas, on croise des mamies, des grands types, des moins grands, des musiciens, des grosses dames, des noirs, des jaunes, des roses, des blancs qui vont virer au rouge si le soleil persiste, des gamins sautant dans les jets d'eaux, des couples en maillot s'enduisant d'huile comme à la vraie plage, des jeunes filles portant un foulard, des quadras gays regroupés près du drapeau arc-en-ciel du thé dansant, des femmes enceintes (beaucoup), et de gens portant de très jeunes bébés...




La plage.



La bibliothèque de la plage!



Le show de salsa

Sur la scène principale de la "plage", un show salsa, un bal, devant la scène, un plancher, des danseurs, plus ou moins doués, plutôt plus que moins, manifestement très heureux d'avoir l'occasion de passer l'après-midi à danser, beaux à voir. Mais ceux qui crevaient vraiment la foule, ceux qui faisaient tourner toutes les têtes, et que nous avons été plusieurs à prendre en photo, sans pouvoir nous en empêcher, c'était un couple qui dansait un peu maladroitement. Ils avaient, à vue de nez, 85 ans chacun, un grand monsieur tout blanc, une petite dame qui tenait son sac à main (où je l'ai vue ranger un livre de poche, ce qui me l'a rendue très sympathique) et sa canne. Et ils dansaient. Oh, ça ne virevoltait pas, par moments c'était un peu hasardeux, mais leurs tentatives de faire encore des figures imaginatives malgré leur fragilité et leur équilibre affaibli, leurs regards, leurs sourires, leur aisance à évoluer sur cette piste, leur façon d'applaudir à la fin de chaque morceau, leur complicité, oh leur complicité!



Voilà l'image que j'ai tant aimé voir ce week-end, les mains de ces deux-là, image volée pendant la pause où le bal cédait cinq minutes la place au show, qu'ils regardaient trois couples d'impressionants jeunes danseurs, et que je ne voyais plus qu'eux, ces deux très vieux amoureux qui aiment danser, et qui dansent.

dimanche 26 juillet 2009

[O] Deux pains, cinq poissons


[Jean 6,1-15]

Voilà un des récits les plus populaires de l'Evangile de Jean: le coup de la multiplication des pains. Tout le monde connait cette histoire. Présente dans les quatre évangiles (Marc 6:30-44, Matthieu 14:13-21, Luc 9:10-17 et Jean 6 :1-15), elle fait partie du fond de récits du Nouveau Testament que tout bon petit occidental entend à un ou l'autre moment sur les bancs de l'école ou de la bouche d'une grand-mère attentionnée, à moins que tant l'école que la famille qui ont fait son éducation ne soient d'une irréprochable laïcité. Pour ma part, j'ai eu une éducation catholique romaine, des parents qui allaient à la messe (et n'oubliaient pas de m'emmener avec eux). J'ai donc eu droit, au cours de religion, au cathéchisme, et à de nombreuses reprises, à l'histoire que l'on connait : Jésus est avec ses disciple et une foule de gens qui les suivent; il est tard et tout le monde a faim. 5000 personnes, nous dit-on, et rien à manger. Enfin, pas vraiment rien, mais c'est tout comme... « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d'orge et deux poissons, mais qu'est-ce que cela pour tant de monde ! »

Une belle histoire à raconter à des enfants, d'ailleurs. Elle est simple, elle apparemment parle de choses que tout le monde a pu expériementer (même dans nos sociétés de surabondance, le mot "faim" évoque encore quelque chose), et, ce qui ne gâche rien, le héros, celui qui apporte les pains et poissons sans qui rien ne serait possible, le héros, donc, est un enfant. Ce n'est pas le cas par exemple dans le texte de Matthieu, où les disciples semblent avoir eux-même apporté la nourriture, ou l'avoir demandée autour d'eux :
38 Mais il leur dit : Combien de pains avez-vous ? Allez et regardez. Et quand ils le surent, ils disent : Cinq, et deux poissons.

Qui plus est, le miracle est spectaculaire : nourrir 5000 personnes avec si peu, c'est presque plus fortiche que de faire marcher un paralytique.

N'étant jamais très à l'aise, personnellement, avec les récits de miracles, je peux comprendre que les adultes qui, dans les années septante, m'ont donné cours de cathéchisme, aient fait leur possible pour ramener ce récit sur le terrain de l'explication rationnelle. Chose qu'ils faisaient souvent, je ne sais si c'était dans l'air du temps... La mode d'une époque post Vatican II et imprégnée de Dolto? Une volonté de former des enfants qui ne "gobent" pas tel quel n'importe quel récit merveilleux? J'ai du subir, au cathéchisme, une foule d'explications plus ou moins scientifiques : Moïse avait passé la Mer Rouge à un endroit où la marée donne l'impression que les eaux s'écartent d'elles-mêmes, l'aveugle que Jésus guérit avait en fait une maladie qu'on pouvait guérir rien qu'en se lavant les yeux, etc...

Pour la multiplication des pains, il fallait aussi expliquer, que non, Jésus n'avait pas vraiment multiplié les pains. La théorie la plus en vogue était que les gens avaient eu assez à manger parce qu'ils avaient partagé. C'est bien connu : là où il y en a pour 2, il y en a pour 5000.
Le problème, avec de telles "explications", est double :
  • d'abord, même un enfant de 7 ans se rend bien compte que ça ne tient pas la route (il suffit d'avoir voulu un jour manger à 12 un gateau de 2 personnes pour voir où est le problème);
  • ensuite, cela rend l'Evangile un peu gnangnan, on précipite les enfants vers une morale un peu téléguidée : il faut partager avec ses petits camarades. C'est guimauve, c'est moralisateur, on dirait un mauvais épisode de la Petite Maison dans la Prairie. Jésus vaut mieux que ça, non?

Quel dommage qu'on ne nous aie pas, tout simplement, dans un premier temps (quand nous étions tout petits) permis de rêver en nous offrant les miracles tout nus, merveilleux, sans explications. Avait-on peur que nous confondions Jésus avec le Père Noël (qui, comme chacunE sait, n'existe pas)? Et quel dommage qu'on ne nous aie pas, simplement, un peu plus tard, introduit dans le registre du symbolique : le miracle n'est pas un récit à expliquer, mais une histoire qui nous parle de nous, de notre humanité de notre rapport les uns aux autres, à la vie, à Dieu. Même des enfants de 10 ans sont capables de comprendre cela, si on le leur explique bien. Si on fait l'effort de sortir du scientisme et du rationalisme.
Ce que nous devons toujours faire d'urgence, semper reforma, car il y a un réel danger à vouloir estampiller nos convictions du sceau du scientifiquement correct.

Expliquer (par la raison) un miracle plutôt que de le lire dans l'ordre du symbolique, auquel il appartient, est une démarche qui peut ouvrir la porte à toutes les dérives intellectuelles. Je pense ici aux scandaleuses déclarations de André Léonard, évêque de Liège, il y a quelques années, et de Benoît XVI, sur le préservatif. Au lieu de se cantonner dans leur domaine d'expertise (?), la théologie, ces messieurs prétendent se placer sur le terrain scientifique : le préservatif serait dangereux parce qu'il n'est pas fiable à 100%, et donc serait un instrument de propagation du VIH. Sans aller plus loin sur ce thème, on remarquera que prétendre se placer sur le terrain de la science, quand on n'est pas scientifique, pour justifier ce qu'on veut dire au nom de la foi, est à tout le moins douteux, et relève d'une inacceptable malhonneteté intellectuelle.

Mais revenons à nos poissons, à nos pains, et à cet encombrant miracle de leur multilication. Je me souviens d'avoir un jour entendu une prédication (dont j'ai malheureusement oublié l'auteur), qui, à première vue, se situait aussi du côté des "explications". Il est midi, les gens ont faim, ils voient qu'ils sont nombreux, ils n'osent pas sortir leurs tartines devant les autres (des autres dont ils pensent qu'ils sont peut-être venus sans pique-nique). Quand l'enfant propose de partager ses poissons et ses pains, ils se réveillent : libérés de leur frilosité, de leurs doutes, de leurs peurs (peur de ne pas avoir assez, peur "de manquer", peur de devoir partager, ou peur de ne pas savoir partager et dès lors devoir oser manger devant d'autres qui restent le ventre vide), tous sortent leurs provisions de leurs poches, et du coup, il y a assez à manger pour chacun et chacune, assez à manger pour tout le monde.

Si la nuance entre cette "explication" rationnelle et la précédante (ils partagèrent et du coup, il y a eu assez pour tous) est infime. Mais elle me semble essentielle.

Certes, on peut trouver des ressemblances : le miracle est apparemment gommé par une explication (ce n'est pas Jésus qui a vraiment multiplié la nourriture), et la situation est sauvée quand, grâce à un enfant qui propose ce qu'il a, les gens osent sortir de l'isolement, et du chacun pour soi. Dans les deux cas, l'important est que la foule est nourrie avec ce qu'elle apporte : Jésus travaille avec ce que nous avons sur nous, en nous.
La différence est dans la façon dont la prédication rend compte de la nature même du travail de Jésus. S'il ne multiplie pas vraiment les pains, que fait-il?
Dans la première analyse, celle entendue dans mon enfance, il invite à partager. Chacun se prive un peu, et il y en a pour tous. Parabole de ce que nous devrions faire aussi au niveau planétaire : la terre peut nourrir des foules, mais ses réserves ne sont pas énormes; il faut que le patrtage soit équitable (entre Nord et Sud) pour que personne ne meurrent de faim (il y a du chemin à faire!).

Mais la deuxième analyse, entendue plus tard, est à mon sens beaucoup plus percutante. Ici, il ne s'agit pas de calculer, de se rationner pour qu'il y en aie pour tous et toutes, et qu'il en reste, mais simplement de cesser d'avoir peur. De sortir de sa poche ce qu'on a avec soi, en soi, et de le manger. De ne pas thésauriser dans la crainte, mais de jouir de ce repas possible, qui est bon, que l'on peut prendre ensemble, en convivialité. On ne dit même pas qu'ils partagent, même si on peut le supposer (le geste de l'enfant qui offre ses pains est bien un geste de partage). Ici, le travail de Jésus n'est pas de nous faire la morale (partagez comme ce petit garçon et vous aurez tous à manger), mais, en prenant ce pain qui est là, en rendant grâce, en rompant le premier pain et en le distribuant, de nous inviter à manger, de nous inviter à vivre, au delà de nos peurs : mangez ce que vous avez à manger, et vous n'aurez pas faim. Vous serez rassasiés.